"Venez, et vous verrez"

(Jean 1, 39)


 




Il y a du neuf dans la Bible

Confidences

J'ai de la chance : Je crois en Dieu et j'ai des insomnies.

Je crois en Dieu ne veut pas dire que je l'ai trouvé. Je le cherche, et je bavarde avec lui, la nuit.

- Tu veux me connaître, m'a-t-il dit. Tu ne me connaîtras que quand tu me verras. En attendant, cherche-moi là où je me suis révélé, dans les Écritures.

Alors, j'ai cherché Dieu dans les Écritures.

Un jour, je me suis arrêté sur ce passage de l'Evangile :

"Tout scribe, devenu disciple du Royaume est comme un maître de maison qui tire de son trésor de l'ancien et du neuf".  (Mt 13, 52)

Une nuit, au cours de nos tête-à-tête, le Seigneur m'a dit : Je te choisis comme scribe. Tu vas écrire ce que tu découvriras d'ancien et de neuf dans ton trésor. Ton trésor est ma Parole et je te dirai comment la lire :

"Maintenant va, je suis, avec ta bouche, va et je t'enseignerai ce que tu devras dire. " ( Ex 4,12)

J'ai lu et relu, cru comprendre, et compris que je n’avais rien compris. J’ai voulu abandonner sans jamais pouvoir m’y résoudre. Le Seigneur m’a aidé et m’a confié quelques clefs pour me guider. Il m’a dit :

-  Je suis ton créateur et  tu es ma créature. Tu ne peux donc tout comprendre, mais tout ce que je fais a un sens.

-  Je suis tout-puissant et je peux faire ce que tu crois impossible.

- Je suis Esprit, intelligence et cohérence ; je t’ai créé à mon image, esprit, intelligence et cohérence. Crois à l’Esprit, à l’intelligence et à la cohérence. La science et sa rigueur te feront mieux comprendre ma Parole et t’éviteront de tomber dans l’incohérence.

- Tu trouveras des contradictions dans ma Parole : elles ont un sens. C’est là qu’il te faudra chercher l’ancien et le neuf. A trop fixer ses certitudes sur l’ancien, on ne voit pas le neuf :

 "Je suis venu en ce monde pour une remise en question : pour que ceux qui ne voient pas puissent voir et que ceux qui voient deviennent aveugles."  (Jn 9, 39)

Le Seigneur ne m’a pas confié la vérité : il m’a seulement dit de chercher le neuf dans la Bible et de ne pas le garder pour moi.

Quel meilleur moyen aujourd'hui qu'Internet pour annoncer la bonne nouvelle au monde entier : il y a du neuf dans la Bible.

Rendez-vous toutes les semaines pour le découvrir ensemble.

Le Laboureur te salue.

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Quelques informations pratiques :                                                                                                        

Le laboureur  n'est pas anonyme. C'est le nom suggéré par ses ancêtres grecs à René George.

George veut dire le laboureur, le travailleur de la terre : de "GE" la terre et "ERGON", le travail.

- Ce Blogue est une suite de réflexions qui s'enchaînent les unes, les autres. Elles seront donc numérotées, pour en faciliter la compréhension.

- Vos commentaires peuvent éclairer plus que le texte lui-même. Ils sont les bienvenus.

- Ce blogue est prévu pour durer deux ou trois ans, à raison d'un article par semaine. Le plan en est établi, mais le texte ne sera fixé qu'au dernier moment. Il est inspiré d'un texte de référence écrit aussi par le laboureur et arrêté au vendredi saint 2008. Ce texte n'est pas destiné à être publié en l'état. Vous pouvez l'obtenir en cliquant sur "contact" et le demander à l'auteur.

- Une certitude : il y aura plus de neuf dans le blogue que dans le texte de référence.

Lundi 5 mai 2008

"Maintenant va, je suis, avec ta bouche. Va et je t'enseignerai ce que tu devras dire." ( Ex 4, 12)

Dieu est Esprit. L'homme perçoit par ses sens. Pour se faire entendre des hommes, Dieu a besoin d'utiliser la bouche des hommes. Quand Dieu choisit un homme, il lui dit :

 "Maintenant va, je suis, avec ta bouche."

Jésus n'a jamais rien écrit, que sur du sable, en attendant celui qui jetterait  la première pierre pour lapider la femme adultère (Jean 8, 6).  Il a voulu écrire par la plume des scribes.

Les scribes sont ceux qui ont écrit les Ecritures : les prophètes, les psalmistes, les évangélistes, les auteurs des épîtres. Ils ne sont pas des médiums qui transcriraient mécaniquement la parole de Dieu. Non. Ils écrivent ce qu'ils ont compris de l'enseignement de Dieu :

"Je t'enseignerai ce que tu devras dire."

Ce sont des hommes, donc incapables de tout comprendre : ils écrivent ce qu'ils ont compris, et, forcément, ils déforment la pensées de Dieu. Ils n'écrivent que ce qu'ils ont cru comprendre de la pensée de Dieu.

Au temps de Jésus, le scribe n'était pas un simple copiste qui recopiait un texte en y ajoutant des enjolivures. Il commentait la parole de Dieu dans le temple, sans être prêtre chargé du culte,  ni membre du sanhédrin chargé de l'administration.

"Tout scribe, devenu disciple du Royaume est comme un maître de maison qui tire de son trésor de l'ancien et du neuf."  (Mt 13, 52)

Tous les "Docteurs de l'Eglise", tous les disciples du Royaume qui ont écrit depuis que Jésus a quitté cette terre,  sont des scribes. Ils ont cherché et découvert de l'ancien et du neuf dans leurs trésors. Le trésor du scribe  n'est pas ce qu'a écrit le scribe qui l'a précédé, fût-il "Docteur de l'Eglise", son trésor, c'est les Ecritures. Le trésor des théologiens n'est pas la somme des écrits des théologiens, c'est les Ecritures. La vérité de l'Eglise n'est pas dans les décisions des conciles, elle est dans les Ecritures.

C'est dans les Ecritures que les scribes d'aujourd'hui doivent chercher l'ancien et le neuf.

Heureux, le scribe inspiré par le Père, comme l'était Pierre, en reconnaissant en Jésus le Fils de Dieu :

"Heureux es-tu, Simon fils de Yonas, ce n'est pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux."  (Mt 16, 15)

Damné est le scribe qui exprime sa propre pensée. Comme Pierre, il s'entendra dire :

Passe derrière moi Satan, tu es un obstacle sur ma route ; tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes." (Mt 16, 23)

Qui est le laboureur ?  Un scribe inspiré ? Le diable ?

A la semaine prochaine.

Le Laboureur te salue.

par Le Laboureur
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Lundi 5 mai 2008

"Tout scribe, devenu disciple du Royaume est comme un maître de maison qui tire de son trésor de l'ancien et du neuf".  (Mt 13, 52)

Le laboureur est comme un maître de maison chargé de découvrir du neuf et de le faire savoir à ceux qui connaissent le vieux.

Pas facile !

Jésus a dit des amateurs de vins :

" Jamais celui qui a bu du vieux ne désire du nouveau. Car il dit : C'est le vieux qui est bon." (Lc 5, 38)

Les heurts sont inévitables entre amateurs de vieux vins et amateurs de vins nouveaux.  Alors, faut-il ouvrir la bataille de l'ancien et du neuf ?

La réponse est dans les Ecritures. Jésus a dit :

"Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre. Je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive. Oui, je suis venu séparer l'homme de son Père, la fille de sa mère, la belle-fille de sa belle-mère. On aura pour ennemi les gens de sa propre maison." (Mt 10, 34-36)

C'est clair. Jésus n'est pas venu  pour une paix consentie dans une somnolence béate. Il est venu pour un combat pour la Vérité.

Il a promis l'aide de l'Esprit pour l'atteindre.

" L'Esprit de Vérité vous guidera vers la Vérité entière." (Jn 16, 13)

Pas après pas, nous sommes guidés vers la Vérité. Tous, amateurs de vieux vin ou de vin nouveau.

La vérité évolue comme le vin : le vieux est bon tant qu'il n'est pas madérisé. Il n'est alors plus bon qu'à être jeté. Le jeune vin est plein d'espérance, il deviendra bon, madérisera à son tour pour être, à son tour jeté.

La vérité humaine est multiple et éphémère. Comme le vin, elle devient aigre et doit être abandonnée pour une vérité nouvelle qui passera à son tour tant que nous n'aurons pas découvert la Vérité divine : Dieu. Dieu seul est Vérité :

"Je suis la Vérité." (Jn 14, 6)

Le vin passe, mais la vigne demeure : elle est vivante et génère toujours un vin nouveau. De même, la vérité passe, mais la Vérité demeure.

Jésus a dit :

"A vin nouveau, outres neuves." (Mc 2, 22)

Le blogue est une outre toute neuve  qui peut recevoir une vérité nouvelle, qui peut diffuser la Bonne Nouvelle à toutes les nations.

Amis internautes, cherchons-la ensemble et diffusons-la ensemble.

A la semaine prochaine.

Le laboureur te salue.

par Le Laboureur
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Jeudi 8 mai 2008

" Je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive."(Mt 10, 34)

"Pensez-vous que je sois venu mettre la paix dans le monde ? Non, je vous le dis, mais plutôt la division. Car désormais cinq personnes de la même famille seront divisées : trois contre deux et deux contre trois." (Luc 12, 51-52)

Jésus apporte le glaive et divise !

Le glaive, l'arme des gladiateurs, est une arme de combat, pas de guerre.

La guerre tue les ennemis pour des idées différentes. Les guerres de religions sont les pires : elles tuent pour une idée de Dieu différente : elles tuent dans l'allégresse, qu'elles s'appellent croisade, Saint-Barthélemy ou Djhead.

Le combat, au contraire, est un échange, un échange de coups certes, mais échange entre adversaires qui se respectent et ne veulent pas tuer. Les protagonistes ne contestent pas les idées de l'adversaires : ils pensent seulement leurs arguments meilleurs.

Jésus reconnaît bon ce combat puisqu'il en apporte l'arme. Cela ne veut pas dire que le combat doive durer toujours : il n'est qu'une étape vers la paix.

Dans la même famille, les antagonistes se combattent pour défendre chacun leur vérité, leur idée de Dieu.

Chacun a sa perception d'une même Vérité et d'un même Dieu, parce qu'il ne connaît ni Dieu, ni la Vérité : il n'en a qu'une perception humaine, donc partielle et  imparfaite.

Perception imparfaite ! Nous nous battons pour des pensées imparfaites : pour des pensées humaines.

Jésus a dit clairement à Pierre :

"Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes." (Mt 16, 23)

Quand les hommes auront reconnu que leurs pensées ne sont pas les Pensées de Dieu, quand les religions, quand les Eglises - toutes les Eglises - auront reconnu ne pas détenir toute la Vérité, il n'y aura plus de raison de se battre. Nous échangerons tous la Paix du Christ.

Alors est-il nécessaire d'ouvrir un combat pour défendre des pensées imparfaites ? Devons-nous mener le combat du neuf dans la Bible ? Comment le mener ?

La réponse est dans les Ecritures :

"Personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement le vin nouveau fera éclater les outres, il se répandra, et les outres seront perdues. Mais, il faut mettre le vin nouveau dans des outres neuves." (Lc 5, 37-38)

Laissons donc le vieux vin dans les vieilles outres, l'Eglise traditionnelle dans les églises traditionnelles. Le bon vin ne sera pas perdu. Mais, le vin nouveau, il faut le mettre dans des outres neuves. "Les outres neuves" : aujourd'hui, c'est Internet, qui portera la Bonne Nouvelle à toutes les nations, jusqu'aux extrémités de la terre.

"Il faut ". Le texte ne nous donne pas le choix. "Il faut mettre le vin nouveau dans des outres neuves."

Les vieilles outres vont-elles accepter ce vin nouveau dans d'autres outres que les leurs ? Elles vont lui trouver mauvais goût. Jésus lui-même le dit :

"Jamais celui qui a bu du vieux ne désire du nouveau. Car il dit : C'est le vieux qui est bon." (Lc 5, 38)

Le combat est donc inévitable ! Cela va être chaud !

Sans doute ! Mais le témoin de l'Apocalypse dit à l'Eglise de Laodicée :

"Je connais ta conduite : tu n'es ni froid, ni brulant – mieux vaudrait que tu sois ou froid ou brûlant - Aussi, puisque tu es tiède – ni froid, ni brûlant  -  je vais te vomir. "( Ap 3, 15-16)

Qu'est devenue l'Eglise de Laodicée ? Froide ? Brûlante ? Vomie ?

A la semaine prochaine.

Le laboureur te salue.

par Le Laboureur
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Vendredi 16 mai 2008

Jésus apporte glaive et division au sein d'une même famille :

"Pensez-vous que je sois venu mettre la paix dans le monde ? Non, je vous le dis, mais plutôt la division." (Luc 12, 51-52)

" Je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive."(Mt 10, 34)

En même temps, le même Jésus demande à ses disciples d'apporter la paix dans toute maison où ils s'arrêtent :

"Dans toute maison où vous entrerez, dites d'abord : Paix à cette maison."( Lc 10, 5)                                             

Il demande au Père de rassembler tous les hommes dans une unité parfaite :

"Que tous, ils soient un en nous… Que leur unité soit parfaite." (Jn 17, 21-23)

Et, avant de quitter cette terre il donne aux hommes sa paix en héritage.                          

" C'est la paix que je vous laisse, c'est ma paix que je vous donne ; ce n'est pas à la manière du monde que je vous la donne." (Jn 14, 27)

Contradiction évidente entre ces différents propos de Jésus !

Contradiction. Donc du nouveau à découvrir.

Contradiction dans les propos, dans la Parole de Dieu. Oui. Mais, sûrement pas dans sa Pensée !

Il n'y a aucune contradiction si l'on admet que l'Esrit-Saint nous fait comprendre, par des propos apparemment contradictoires, ce qu'il veut, de la Pensée de Dieu. L'Esprit est infiniment libre et utilise, à son gré, notre capacité à  comprendre ce que nous pouvons.
Il n'y a pas contradiction, il y a progression dans la compréhension. Le combat entre membres divisés d'une même famille n'est qu'une étape vers la Paix de Dieu et l'unité dans la Trinité.
La révélation se fait par étapes : elle est évolutive.

La paix des hommes est fragile. La paix de Dieu est solide : elle demeure à jamais dans nos cœurs, même au milieu des combats que nous menons sur terre.

L'ancien Testament nous disait déjà que le combat mène à la paix : c'est l'histoire de Jacob et Esaü : le passage du Yabboq.

A la semaine prochaine.
Le Laboureur te salue.

 

par Le Laboureur
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Vendredi 23 mai 2008

 

Jacob a volé à son aîné le droit d'aînesse et la bénédiction paternelle. Il assure, à la place d'Esaü, la descendance promise à son grand-père, Abraham.

Il a fui pendant vingt ans la colère de son frère. Il revient avec ses femmes et ses enfants dans la terre de ses pères, occupée par Esaü. L'affrontement est pour demain.

Jacob a peur.  Il s'est isolé pour la nuit.

 

Le passage du Yabboq

"Un homme se roula avec lui dans la poussière jusqu'au lever de l'aurore. Il vit qu'il ne pourrait l'emporter sur lui, il heurta Jacob à la courbe de la hanche qui se déboîta…

 Il lui dit : - Laisse-moi, car l'aurore s'est levée. - Je ne te laisserai pas tant que tu ne m'aies béni. Il lui dit : - Quel est ton nom ? - Jacob répondit-il. Il reprit : - On ne t'appellera plus Jacob, mais Israël, car tu as lutté avec Dieu et avec les hommes, et tu l'as emporté. Jacob lui demanda : - De Grâce, indique-moi ton nom. - Et pourquoi, dit-il me demandes-tu mon nom ? Là même, il le bénit. Jacob appela ce lieu Peniel - c'est à dire Face de Dieu - car j'ai vu Dieu face à face, et ma vie a été sauve.

Le soleil se levait…  Il boitait de la hanche." ( Gn 32, 24-32)

Jacob combattit toute une nuit avec un homme en qui il reconnut Dieu. Il le déclara vainqueur.

Dieu, battu par Jacob ! Dieu sous la dépendance de Jacob ?

Oui.

La rencontre

L'Homme-Dieu se met au service de Jacob pour battre son frère Esaü. Pas par les armes, par l'amour. Le Seigneur transforme la peur de Jacob et le désir de vengeance d'Esaü en un amour réciproque.

L'amour se donne et se reçoit : l'amour est échange.

"Esaü courut à sa rencontre, l'étreignit, se jeta à son cou et l'embrassa. Ils pleurèrent." (Gn 33, 3-4)

"Jacob s'écria : Si j'ai pu trouver grâce à tes yeux, tu accepteras de ma main mon présent, en effet, puisque j'ai vu ta face comme on voit la face de Dieu et que tu m'as agréé, reçois donc de moi le bienfait qui t'a été apporté, car c'est Dieu qui m'en a gratifié, j'ai tout à moi. Il le pressa et l'autre accepta." (Gn 33, 10-11)

Le combat avec l'Homme-Dieu était le combat qui précédait la paix entre les frères.


Où est le droit ?

Où est le droit dans ce passage biblique ? L'usurpateur l'a emporté sur le droit.

Le Seigneur n'a que faire du droit humain. Le vrai droit est sa volonté.

Son droit n'est pas notre droit, sa cohérence n'est pas notre cohérence. Toutes les décisions de Dieu ont un sens qu'il ne nous explique pas. C'est son droit, et c'est… notre bon droit. Sa justice ne condamne pas, elle rend juste.

"Quand il viendra ( l'Esprit de Vérité),… Il montrera où est le bon droit." (Jean 16, 8-11)

 

"Il boitait de la hanche"

Tout combat laisse des séquelles. Les clous de la croix et la lance du soldat ont aussi laissé des marques sur le corps de Jésus. Thomas les a vus. Les boiteries et les cicatrices des combats passés sont des rappels quotidiens qui nous préparent au grand combat futur, celui de la mort. Nous verrons Jésus, "Fils de l'Homme" et "Fils de Dieu", Homme-Dieu,  face à face : il s'interposera sur notre chemin, nous déclarera vainqueur et assurera notre passage sur l'autre rive.

 

A la semaine prochaine.

Le laboureur te salue.
par Le Laboureur
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Vendredi 30 mai 2008

"Ce jour là, le soir venu, Jésus dit à ses disciples : Passons sur l'autre rive.  Quittant la foule, ils emmenèrent Jésus, dans la barque, comme il était."( Marc 4, 35)

Pour passer sur l'autre rive où vivent les étrangers, les disciples traversèrent la mer de Galilée et affrontèrent la tempête.

"Jésus dormait sur le coussin à l'arrière. Ses compagnons le réveillent et lui crient : Maître, nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ? Réveillé, il interpelle le vent avec vivacité et dit à la mer : Silence, tais-toi. Le vent se calma et il se fit un grand calme. Jésus leur dit : Pourquoi avoir peur ? Comment se fait-il que vous n'ayez pas la foi ? Saisis d'une grande crainte, ils se disaient entre eux : Qui est-il donc, pour que même le vent et la mer lui obéissent ?" (Marc 4, 38-41)

Sur l'autre rive, au pays des Géraséniens, pays étranger où on appréciait la viande de porcs, un homme, possédé d'une légion de démons était impossible à maîtriser.  Jésus libéra cet homme et précipita dans la mer le troupeau de porcs où s'étaient réfugiés les démons.

 

Passer sur l'autre rive, c'est, pour les disciples, affronter les dangers de la mer de Galilée et aller, avec Jésus, à la rencontre des étrangers.

Le passage du Yabboq était pour Jacob, affronter la colère d'Esaü. Son combat avec le Seigneur le mit sur le chemin de la réconciliation.

 

L'eau sépare les rives

Passer d'une rive à l'autre, c'est aller vers l'autre en franchissant un obstacle.

Jésus nous y invite : "Passons sur l'autre rive." Il nous laisse faire à notre guise. Il dort… et n'intervient qu'à notre demande quand nous sommes débordés par les obstacles :

"Maître, nous sommes perdus ;  cela ne te fait rien ?"

Si ! Cela lui fait quelque chose, mais il attend notre appel pour intervenir : il ne s'impose pas. 

Il ne s'impose pas ! Certes ! Mais, d'où vient l'obstacle ? N'en est-il  pas le responsable ? Esaü a quelques raisons d'être en colère contre son frère : il lui a volé la bénédiction paternelle. Mais qui a choisi Jacob plutôt qu'Esaü pour assurer la descendance promise à Abraham ? Qui a déclenché la tempête sur le lac de Tibériade juste au moment voulu ?

En allant vers l'autre, on rencontre toujours Dieu. Bien souvent, dans la tempête, sur le lac ou dans le combat du Yabboq.

Dans un cas, comme dans l'autre, le Seigneur assure seul l'issue favorable : il mène les disciples à bon port, même s'il dort sur le coussin arrière, et il réconcilie les deux frères. Dieu arrive toujours à ses fins.

 

Qui est-il donc ?

"Qui est-il donc, pour que même le vent et la mer lui obéissent. ?

La réponse est dans le texte lui-même.

Jésus est le "Fils de l'homme". Pour tous les hommes, il se présente comme un homme. Fatigué, il dort. Il ne s'impose pas, il se laisse mener : "ils emmenèrent Jésus, dans la barque, comme il était". Il se laissera mener jusqu'à la croix.

Pour les croyants, il est le" Fils de Dieu", créateur de l'univers auquel il a donné ses lois. Il est maître des éléments et des événements. Chaque miracle proclame que Jésus est Fils de Dieu, créateur de l'univers et de ses lois : il est au dessus-des lois.

Jésus est celui qui fait passer sur l'autre rive. Il emmène ses disciples sur l'autre rive du lac, chez les frères étrangers.

 

L'autre rive est le ciel

Jésus est maître de la vie et de la mort : il a fait passer Moïse sur l'autre rive de la Mer Rouge, mais il ne lui a pas laissé franchir le Jourdain pour atteindre la terre promise : il lui a fait traverser la mort pour atteindre l'autre rive,  définitive celle-là, le ciel où se retrouveront tous les frères désormais réunis dans la Trinité.

"Pourquoi avoir peur ? Comment se fait-il que vous n'ayez pas la foi ?"

Atteindre l'autre rive, c'est, pour tous les hommes, atteindre le ciel en traversant l'épreuve de la mort. Pour atteindre cette rive, il faut rencontrer Jésus et sa croix : il est la porte des brebis, le passage et le passeur. Sa croix attire les frères séparés et les réunit dans l'unité de la Trinité.

"Personne ne va vers le Père sans passer par moi." (Jean 14, 6)
"Je suis la porte des brebis." (Jean 10, 7)

"Qu'ils soient un en nous." (Jean 17, 21)

 

A la semaine prochaine.
Le laboureur te salue.

Le laboureur te salue.
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Vendredi 6 juin 2008



L'ancien sera transformé en neuf

"Personne ne raccommode un vieux vêtement avec une pièce d'étoffe neuve." (Mc 2, 21)

Notre monde est-il vieux ? N'est il pas encore en création ? A la fin des temps, il sera vieux et un monde nouveau apparaîtra :

"Alors, j'ai vu un ciel nouveau et une terre nouvelle, car le premier ciel et la première terre avaient disparu." (Ap 21, 1)    

Le paradis ne sera pas un paradis terrestre rafistolé et l'homme nouveau ne sera pas l'homme terrestre réparé, le vieux retrouvant sa jeunesse, le borgne retrouvant son œil et l'amputé sa jambe.

L'homme ne sera pas réparé et on ne lui mettra pas non plus, un vêtement neuf par-dessus le vieux. Paul a dit :

 

" Nous ne voudrions pas nous dévêtir, mais revêtir un vêtement par-dessus l'autre, pour que notre corps mortel soit absorbé par la vie." (2 Co 5, 4)

Il n'en sera rien : notre corps, ce vieux vêtement, ne sera pas ravaudé : il sera abandonné. Le pécheur ne sera pas un pécheur rhabillé ou blanchi de son péché : il sera un juste, un homme nouveau. Son corps de chair périssable, son corps de pécheur sera abandonné pour laisser place à son corps impérissable, tout esprit.

C'est encore Paul qui le dit :

"Nous serons transformés. Car il faut que ce qui est périssable en nous devienne impérissable" (1 Co 15, 52-53)

L'homme nouveau changera de nature, comme la chenille devient papillon ; de terrestre, il deviendra céleste ; il changera de forme ; il sera transformé.

 

L'homme ancien et l'homme nouveau : même identité

Le neuf remplacera l'ancien, mais ancien et neuf ne font qu'un.  Le papillon remplace la chenille, mais papillon et chenille restent le même individu. Le neuf garde l'identité du vieux.

L'homme nouveau n'aura plus rien de terrestre : il sera transformé en esprit. Paul le dit :

"Ce qui est semé est un corps humain, ce qui est ressuscité est un corps spirituel." (1 Cor 15, 44)

Corps humain, corps spirituel : même identité !

Transformé ?

Oui, mais pas replâtré !

Ce corps ne passera pas dans un atelier de réparation, un purgatoire où il serait débarrassé de ses imperfections pour le rendre présentable aux yeux de Dieu : il ne subira pas un lavage de cerveau et son cœur n'ira pas dans un camp de rééducation pour le rendre meilleur. En un mot : il ne fera pas un temps de purification, un temps de purgatoire.

Sur la croix, le Christ en en a fait un juste. Jésus a donné pour lui sa vie d'homme et lui donne une vie nouvelle, sa vie de Dieu. Don parfait ! Vie parfaite ! Pas de rafistolage. Le juste n'est pas un pécheur replâtré. Sur la croix,  le "Fils de l'homme" fait d'un fils d'homme pécheur, un juste fils de Dieu.

Le Christ, en une seule Parole, a rendu juste un pécheur, le "bon" larron. En s'adressant à lui, sur le point de mourir, Jésus s'adresse à chacun de nous. Au moment de notre mort, nous l'entendrons aussi nous dire :

"Amen, je te le déclare : aujourd'hui même tu seras dans le paradis." (Lc 23, 43)


A la semaine prochaine.
Le laboureur te salue

par Le Laboureur
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Vendredi 13 juin 2008

Dieu est Esprit; l'homme est corps et esprit.

 

Seul l'esprit peut connaître Dieu

Le corps humain, comme celui de l'animal ne peut percevoir Dieu. Le corps perçoit par les sens, transmet l'information au cerveau qui commande aux muscles d'agir. L'âne reçoit le coup de bâton et son cerveau lui commande d'avancer.

L'homme est libre ; il a reçu l'esprit qui contrôle son cerveau. L'homme qui reçoit une gifle peut  la rendre ou tendre l'autre joue.

L'animal voit et ne réfléchit pas.

L'homme voit l'œuvre de Dieu, la création et peut réfléchir. Tel un miroir, il reçoit la vision du réel et réfléchit du virtuel, une image : une image virtuelle. L'homme est libre : il est comme un miroir qui pourrait choisir sa forme : plan, concave, convexe ou irrégulier. Il renvoie, après réflexion, une image ressemblante ou une image déformée. S'il se regarde dans un miroir neutre, son image lui ressemble, mais elle est virtuelle.  S'il se regarde dans un miroir irrégulier, il ne verra qu'une grimace, comme au musée Grévin, une grimace virtuelle.

Ainsi l'homme voit la nature crée, la création réelle, mais ne réfléchira jamais qu'un Dieu créateur virtuel, une image de Dieu ressemblante ou déformée selon sa liberté.

L'homme seul ne peut atteindre Dieu. Il a essayé de le rencontrer au ciel en construisant une tour : la tour de Babel :

"Bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet touche le ciel."
                                                                                            (Genèse 11, 4)

Cela n'a pas marché !

La science étudie la créature bien réelle. Le penseur imagine le créateur : il n'en aura jamais qu'une image virtuelle.

 

Dieu se révèle

L'homme ne peut connaître Dieu que si Dieu se révèle à lui.

Dieu est Esprit, l'homme est corps et esprit. Dieu a deux moyens de se révéler à l'homme : se faire percevoir par son corps, par ses sens, ou directement par son esprit.

Les sens de l'homme ne perçoivent pas l'esprit. Dieu, le Verbe s'est fait chair pour être accessible aux sens de l'homme et se faire connaître.

"Dieu, personne ne l'a jamais vu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, c'est lui qui a conduit à le connaître. " (Jean 1, 18)

Dieu, Esprit, peut accéder directement à l'esprit de l'homme. Il lui a donc envoyé son Esprit : l'Esprit saint pour se faire comprendre : Jésus a dit :

"C'est votre intérêt que je m'en aille, car, si je ne m'en vais pas, le Défenseur ne viendra pas à vous ; mais si je pars, je vous l'enverrai."( Jean 16, 7)

Le Père se fait connaître, il se révèle, à la fois par son Verbe fait chair, et par son Esprit : Dieu est Trinité.

 

La révélation n'est pas terminée

Jésus est mort. Ses témoins sont morts. Le Verbe ne parle plus. Il a parlé devant des témoins qui ont écrit ce qu'il a fait et dit. La Parole de Dieu est définitivement fixée dans l'écrit, l'Evangile.

Le corps de Jésus est mort et ne s'exprime plus en langage humain, mais l'Esprit est vivant : il ne meurt pas. Lui seul désormais révèle Dieu :

"C'est l'Esprit qui fait vivre : la chair n'est capable de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie." (Jean 6, 63)

L'Esprit saint nous révèle Dieu en nous faisant comprendre sa Parole révélée :

"L'Esprit de Vérité vous guidera vers la vérité entière. En effet, ce qu'il dira ne viendra pas de lui-même : il redira ce qu'il aura entendu ; et ce qui va venir, il vous le fera connaître." (Jean 16, 13)

Nous serons guidés vers la vérité tant que nous ne l'aurons pas vue, face à face, telle qu'elle est vraiment. Ce jour-là, le dernier, la révélation sera seulement terminée et nous connaîtront la Vérité entière :

"Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie." (Jean 14, 5)

En attendant, personne ne connaît la vérité : personne ne l'a détient. Nous ne pouvons que nous laisser guider vers elle. L'Esprit, comme le vent, souffle où il veut :

"Le vent souffle où il veut ." (Jean 3, 8)

 

A la semaine prochaine.
Le laboureur te salue.

par Le Laboureur
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Vendredi 20 juin 2008

Le Verbe, fait chair, exprime la Pensée de Dieu-Esprit, ainsi rendue accessible à l'homme-chair. L'Evangile est Parole de Dieu, et renferme la Pensée de Dieu qu'il veut bien révéler à l'homme.

Jésus s'est fait homme au pays des juifs. Il a parlé leur langue, l’araméen qui se parle plus qu’il ne s’écrit. Il s’est adressé à des bergers, à des pécheurs, à des vignerons, à des semeurs et des laboureurs, dans un langage de bergers, de pécheurs, de vignerons, de semeurs et de laboureur. Dans ce contexte limité, Jésus s’adresse à l’humanité entière. Cet Evangile, que les premiers chrétiens comprenaient au premier degré, est la Parole et la Pensée de Dieu, chiffrée, laissée aux scientifiques, aux philosophes et aux théologiens de tous les temps. Il leur faut le décoder.

La compréhension d’un texte dépend à la fois du texte lui-même, de l’interprète et de son inspiration.

 

Les textes bibliques sont souvent obscurs

"C’est en paraboles que je parlerai."  (Mt 13,34)

Jésus utilise un langage difficile, et Marc le reconnaît :

" Par de nombreuses paraboles semblables, Jésus leur annonçait la Parole dans la  mesure où ils pouvaient la comprendre." (Mc 4, 33)

La foule comprenait ce qu'elle pouvait, parfois de travers, ou même rien du tout… et elle s'en allait :

"Ce qu'il dit là est intolérable, on ne peut continuer à l'écouter… A partir de ce moment, beaucoup de ses disciples s'en allèrent." (Jean 6, 60-66)

C’était prévu :

" Ils pourront bien regarder de tous leurs yeux, mais ils ne verront pas ; ils pourront bien écouter de toutes leurs oreilles, mais ils ne comprendront pas."
(Is 6, 9-10) (Mc 4, 12)

Pour comprendre, il faut un interprète.

 

Nécessité d’un interprète

Jésus est l'interprète pour ses disciples. Il leur explique la Pensée de Dieu qu'ils devaient comprendre avant de la propager.

"Il ne leur disait rien sans employer de paraboles, mais en particulier il expliquait tout à ses disciples." (Mc 4, 34)

Le Christ avant de monter au ciel, a désigné clairement Pierre comme gardien de sa Parole et assuré l'Eglise de son assistance jusqu'à la fin du monde :

"Et moi, je suis avec vous jusqu'à la fin du monde." (Mt 28, 20)

L'Eglise est ainsi désignée comme dépositaire et interprète officiel de la Parole, tant que durera cette terre. Elle n'en a pas pour autant le monopole. Jésus n'a pas réservé son enseignement à ses disciples : il a parlé à la foule et aux étrangers. Ainsi, Nicodème n'était pas encore disciple lorsqu'il reçut  le message essentiel de la renaissance. Nicodème a été l'intermédiaire, l'interprète, entre Jésus et l'humanité. Jésus lui a dit :

"Le vent souffle où il veut." (Jean3, 8)

L’Esprit est justement le troisième facteur de compréhension des Ecritures.

 

Dieu se révèle par son Esprit

L'Esprit se manifeste à qui il veut, à chacun de nous, pour lui faire comprendre la Parole, dans la mesure où il est en mesure de la recevoir et en fonction de la mission qui lui est proposée. A la Pentecôte, les disciples ont reçu l’Esprit de façon personnelle, sous la forme d’une langue de feu individuelle. Aussitôt, ils ont parlé la langue de ceux vers lesquels ils étaient envoyés et leur ont expliqué la Parole de Dieu :

"Chacun d'eux les entendait parler dans sa propre langue." (Actes 2, 6)

Entendre la Parole est une chose : la comprendre en est une autre. Comprendre la Parole de Dieu, c'est l'intégrer, la faire sienne. Entendre est à portée de l'homme ; faire comprendre est le travail de l'Esprit.

L'Esprit passe par l'homme pour se faire comprendre : Dieu passe par l'homme pour se faire connaître.

Dieu est Trinité : le Père se fait entendre par son Verbe, le Fils fait chair, et se fait comprendre par son Esprit.

 

A la semaine prochaine.

Le laboureur te salue.

par Le Laboureur
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Vendredi 27 juin 2008


La tradition est ce qui est transmis, le plus souvent par la parole.

La tradition est vivante.

Nous bénéficions tous de la tradition puisque, dès notre naissance, nos parents nous font bénéficier de tout ce qu'ils ont eux-mêmes appris de leurs parents. Ils y ajoutent leur propre expérience, et nous bénéficions d'une tradition vivante que nous ferons vivre à notre tour, en la transmettant à nos enfants, augmentée de notre propre expérience.

La tradition est vivante dans les Ecritures.

L'écrit n'évolue pas ; il est définitif ; il fixe une image. Le scribe fixe sur son écritoire l'image qu'il a vue de la société, ou de sa compréhension du monde, au moment où il écrit. Un seul écrit fixe une seule image. La Bible est composée de nombreux livres qui sont autant d'images fixées du peuple juif et de sa compréhension du monde. Aucun livre biblique n'est la reproduction du précédent. Aucun livre ne fixe la tradition : la tradition vit grâce à la multiplicité des livres.

 Jésus utilise la tradition et la fait évoluer.

Jésus connaît la loi et les prophètes ; il s'y réfère, souvent pour les compléter ou pour les dépasser.

"Ne pensez pas que je sois venu abolir la loi et les prophètes: Je ne suis pas venu abolir, mais accomplir" (Matth 5, 17)

Pourtant, il prend des libertés avec la loi du sabbat :

"Le sabbat a été fait pour l'homme et non l'homme pour le sabbat." (Marc2, 27)

Jésus fait évoluer l'Ancien Testament, il fait vivre la tradition. Il utilise les vérités anciennes pour en établir de nouvelles. Il part d'une vérité ancienne, admise par tous, et en établit une nouvelle qui la dépasse jusqu'à parfois la contredire. Quand Jésus se contredit, il ne ment pas, il part d'une vérité admise qui n'était pas fausse, mais qui le devient, tant elle est dépassée par la vérité nouvelle qu'il établit. Concrètement : la Cananéenne.

La Cananéenne

"Jésus s'était retiré vers la région de Tyr et de Sidon. Voici qu'une Cananéenne, venue de ces territoires, criait : Aie-pitié de moi, Seigneur, Fils de David ! Ma fille est tourmentée par un démon. Mais il ne lui répondit rien. Les disciples s'approchèrent de lui pour lui demander : Donne-lui satisfaction, car elle nous poursuit de ses cris ! Jésus répondit : Je n'ai été envoyé que pour les brebis perdues d'Israël. Mais elle vint se prosterner devant lui : Seigneur, viens à mon secours ! Il répondit : Il n'est pas bien de prendre le pain des enfants pour le donner aux petits chiens. C'est vrai, Seigneur, reprit-elle ; mais  justement les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. Jésus répondit : Femme, ta foi est grande, que tout se fasse pour toi comme tu le veux ! Et, à l'heure même, sa fille fut guérie." (Mt 15, 21-27)

Jésus ne choque personne, en répondant aux disciples importunés par les cris de l'étrangère :

"Je n'ai été envoyé que pour les brebis égarées d'Israël."

Au moment où il prononce ces paroles, Jésus évoque une vérité établie : Le Messie viendra sauver Israël et l’étrangère le sait aussi. Elle reçoit sans acrimonie d’être comparée à un chien :

 "Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants pour le donner aux petits chiens."

Les enfants de Dieu ne sont que les juifs, les autres sont des chiens !

Inacceptable vérité pour celui qui lit aujourd’hui ce passage d’Evangile !

Vérité établie par tous les livres de l'Ancien Testament : Jésus ne ment pas.

Jésus s’appuie sur une vérité révélée, admise par tous, pour en établir une nouvelle qui dépasse la précédente et la rend caduque.

Quelle vérité nouvelle ? Celle qu’il établit en guérissant sur le champs la fille de l’étrangère : Dieu s'est fait homme pour tous les hommes : il n'y a pas les juifs et les autres : il n'y a que des hommes tous créés à l'image de Dieu. Jésus s'est fait homme pour l'humanité entière.

Ainsi Jésus qui est la Vérité ose énoncer une contrevérité dépassée pour faire évoluer la vérité.

Fixer la tradition, c'est la tuer.

Nous sommes tous traditionalistes, mais certains focalisent sur une seule image : ils sont figés devant et ne veulent pas en voir d'autres. Ceux là tuent la tradition en la fixant.

 A la semaine prochaine.

Le laboureur te salue.


 


 

par Le Laboureur
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Vendredi 4 juillet 2008

L'habitude est ce qui est acquis et que nous ne voulons pas changer.

Les habitudes sont d'ordre animal

Le réflexe conditionné consiste à donner des habitudes à un animal.

Un chien, comme tout animal, salive quand on lui présente de la nourriture. Pavlow présente de la nourriture à un chien et en même temps émet un signal sonore : le chien salive. Il renouvelle ce protocole un certain nombre de fois, puis émet  le signal sonore sans présenter de nourriture : le chien salive. Le chien a pris l'habitude de saliver au signal sonore.

De la même façon, le chrétien conditionné va à l'église le dimanche, quand les cloches sonnent. Par habitude !

L'homme est un animal, soumis à la loi animale, mais Dieu lui a donné un esprit capable de contrôler l'animal qui est en lui.

Le vrai chrétien est un homme non conditionné. Il fait un acte contrôlé et volontaire en allant à la messe le dimanche. C'est un choix libre, d'homme libre.

Les Ecritures n'incitent pas aux habitudes

Quand le peuple juif a tendance à s'endormir dans des habitudes confortables, surgit un événement ou un prophète pour le faire changer de place ou d'habitude. Il lui faut sortir d'Egypte ou faire pénitence pour échapper aux foudres de Dieu.

La manne du désert n'est pas un conditionnement : c'est un don du ciel à Israël pour assurer sa subsistance.

Jésus n'a aucune habitude et les combat.

Jésus est venu pour une remise en question

 "Je suis venu en ce monde pour une remise en question : pour que ceux qui ne voient pas puissent voir et que ceux qui voient deviennent aveugles."  (Jn 9, 39)

Les pharisiens avaient des habitudes : ils respectaient le sabbat, par tradition : ils en avaient une image immuable. Jésus qui avait donné la vue à un aveugle-né, un jour de sabbat, ne pouvait être un envoyé de Dieu :

 "Celui-là ne vient pas de Dieu puisqu'il ne respecte pas (le repos) du sabbat."( Jean 9, 16)

Jésus est venu remettre en question les habitudes des pharisiens… et les nôtres. 

Les habitudes de Paul et des Eglises.

Paul a dit :

"La tête de la femme, c'est l'homme… Toute femme qui prie ou prophétise la tête dévoilée, fait honte à sa tête, car c'est exactement comme si elle était rasée. En effet, si elle ne se voile pas, qu'elle se fasse tondre. L'homme, lui, ne doit pas se voiler la tête, puisqu'il est l'image et le reflet de Dieu ; or la femme est le reflet de l'homme. En effet l'homme n'a pas été tiré de la femme, c'est la femme qui a été tirée de l'homme, car l'homme n'a pas été créé à cause de la femme, mais c'est la femme qui a été créée à cause de l'homme. C'est pourquoi la femme doit avoir sur la tête un signe de sa dignité, à cause des anges. D'ailleurs dans le Seigneur, la femme n'existe pas sans l'homme, ni l'homme sans la femme….

Jugez-en par vous-mêmes : Est-il convenable qu'une femme prie sans être voilée ? La nature vous enseigne, n'est-ce-pas, que pour un homme c'est déshonorant d'avoir les cheveux longs, et que pour une femme c'est une gloire, car la chevelure lui a été donnée pour s'en draper. Et si quelqu'un croit devoir ergoter, nous n'avons pas cette manière de faire, et les Eglises de Dieu non plus."(1Cor.11-16)
  
                          

Difficile à avaler aujourd'hui !

Paul est un homme, un corps et un esprit, un animal contrôlé par son esprit. L'esprit de Paul, pour une fois, n'a pas dominé l'animal. Paul est un homme de son temps et il écrit ce qu'il a compris. Même lui peut se laisser-aller aux habitudes de son temps et en faire ses habitudes.

Plutôt rassurant !

A Paul qui refuse tout droit de contestation aux fidèles parce que ce n’est pas dans ses habitudes, Jésus, s’il avait encore été sur terre, aurait sans doute  dit comme à Pierre :

" Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. "(Matthieu 16, 23)

Les Eglises de Jésus-Christ sont, elles aussi, des institutions humaines, nées de la volonté du Fils de l'homme". Elles aussi peuvent prendre des habitudes. Plus grave, elles peuvent en donner et conditionner les chrétiens !

Alors, n'ergotons pas… , mais remettons en question ! ! !

 

A la semaine prochaine.

Le laboureur te salue.
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Du Neuf Dans La Bible

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