Partager l'article ! 6 - Passons sur l'autre rive: "Ce jour là, le soir venu, Jésus dit à ses disciples : Passons sur l'autre rive. Quittant la foule, il ...
Je m'appelle René George, et je signe "le laboureur", à cause de l'origine grecque de mon nom. Ge, la terre et Ergon, le travail ont fait de moi le travailleur de la terre, le laboureur.
Retraité, j'ai été catéchiste, j'ai étudié le dogme catholique avant de l'enseigner, pendant huit ans, aux élèves de sixième de ma paroisse : Saint Epvre à Nancy. J'ai ensuite fait partie, pendant huit années, de l'équipe d'aumônerie de l'hôpital central de Nancy. Au chevet des souffrants et des mourants, j'ai vu l'Esprit Saint travailler en direct, et perçu le fossé séparant l'espérance des malades et l'enseignement de l'Eglise catholique.
Un jour, un malade m'a dit : " Ce que j'attends de vous, c'est l'Evangile."
Je me suis donc plongé dans l'Evangile et me suis arrêté un jour sur le passage de Matthieu : "Tout scribe, devenu disciple du Royaume est comme un maître de maison qui tire de son trésor de l'ancien et du neuf." (Mt 13, 52)
Le Seigneur m'a dit : " Ce n'est pas toi qui me choisis, c'est moi qui te choisis (Jean 15, 16 ) comme scribe ; tu vas chercher, en maître de maison, l'ancien qui est dépassé et le neuf qui n'est pas encore découvert, dans la bible où je me suis révélé. Je te dirai quoi lire et comment le comprendre, et toi, en bon scribe, tu écriras ce que tu as compris. Si tu comprends de travers, ce n'est pas grave ; tu es un homme ; tu te tromperas donc forcément un jour ou l'autre ; mais n'aie pas peur (Matth 17, 7), Je serai avec toi (Matth 28, 20), mon esprit te guidera (Jean 16, 13), Je t'envoie dans le monde parmi les hommes (Jean 17, 18)
Il m'a encore dit : "Je collerai ta langue à ton palais ; tu seras muet,… mais quand je parlerai, j'ouvrirai ta bouche et tu leur diras : Ainsi parle le Seigneur : qui veut écouter qu'il écoute ; qui ne veut pas écouter qu'il n'écoute pas. " (Ezéchiel 3, 25-27)
Que répondre ? Ce n'est pas moi qui ai choisi !
Alors je demande tous les jours à l'Esprit Saint de m'éclairer. Tous les jours, il m'inonde de sa lumière. Puis-je la mettre sous le boisseau (Matth. 5, 15) ?
Suis-je inondé de lumière ? Ou suis-je un illuminé ?
Libre à vous d'en décider, …mais après avoir demander l'aide de L'Esprit Saint.
Il a toujours le dernier mot : lui seul est Seigneur, lui seul est Vérité. (Jean 14, 6)
"Ce jour là, le soir venu, Jésus dit à ses disciples : Passons sur l'autre rive. Quittant la foule, ils emmenèrent Jésus, dans la barque, comme il était."( Marc 4, 35)
Pour passer sur l'autre rive où vivent les étrangers, les disciples traversèrent la mer de Galilée et affrontèrent la tempête.
"Jésus dormait sur le coussin à l'arrière. Ses compagnons le réveillent et lui crient : Maître, nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ? Réveillé, il interpelle le vent avec vivacité et dit à la mer : Silence, tais-toi. Le vent se calma et il se fit un grand calme. Jésus leur dit : Pourquoi avoir peur ? Comment se fait-il que vous n'ayez pas la foi ? Saisis d'une grande crainte, ils se disaient entre eux : Qui est-il donc, pour que même le vent et la mer lui obéissent ?" (Marc 4, 38-41)
Sur l'autre rive, au pays des Géraséniens, pays étranger où on appréciait la viande de porcs, un homme, possédé d'une légion de démons était impossible à maîtriser. Jésus libéra cet homme et précipita dans la mer le troupeau de porcs où s'étaient réfugiés les démons.
Passer sur l'autre rive, c'est, pour les disciples, affronter les dangers de la mer de Galilée et aller, avec Jésus, à la rencontre des étrangers.
Le passage du Yabboq était pour Jacob, affronter la colère d'Esaü. Son combat avec le Seigneur le mit sur le chemin de la réconciliation.
L'eau sépare les rives
Passer d'une rive à l'autre, c'est aller vers l'autre en franchissant un obstacle.
Jésus nous y invite : "Passons sur l'autre rive." Il nous laisse faire à notre guise. Il dort… et n'intervient qu'à notre demande quand nous sommes débordés par les obstacles :
"Maître, nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ?"
Si ! Cela lui fait quelque chose, mais il attend notre appel pour intervenir : il ne s'impose pas.
Il ne s'impose pas ! Certes ! Mais, d'où vient l'obstacle ? N'en est-il pas le responsable ? Esaü a quelques raisons d'être en colère contre son frère : il lui a volé la bénédiction paternelle. Mais qui a choisi Jacob plutôt qu'Esaü pour assurer la descendance promise à Abraham ? Qui a déclenché la tempête sur le lac de Tibériade juste au moment voulu ?
En allant vers l'autre, on rencontre toujours Dieu. Bien souvent, dans la tempête, sur le lac ou dans le combat du Yabboq.
Dans un cas, comme dans l'autre, le Seigneur assure seul l'issue favorable : il mène les disciples à bon port, même s'il dort sur le coussin arrière, et il réconcilie les deux frères. Dieu arrive toujours à ses fins.
"Qui est-il donc, pour que même le vent et la mer lui obéissent. ?
La réponse est dans le texte lui-même.
Jésus est le "Fils de l'homme". Pour tous les hommes, il se présente comme un homme. Fatigué, il dort. Il ne s'impose pas, il se laisse mener : "ils emmenèrent Jésus, dans la barque, comme il était". Il se laissera mener jusqu'à la croix.
Pour les croyants, il est le" Fils de Dieu", créateur de l'univers auquel il a donné ses lois. Il est maître des éléments et des événements. Chaque miracle proclame que Jésus est Fils de Dieu, créateur de l'univers et de ses lois : il est au dessus-des lois.
Jésus est celui qui fait passer sur l'autre rive. Il emmène ses disciples sur l'autre rive du lac, chez les frères étrangers.
L'autre rive est le ciel
Jésus est maître de la vie et de la mort : il a fait passer Moïse sur l'autre rive de la Mer Rouge, mais il ne lui a pas laissé franchir le Jourdain pour atteindre la terre promise : il lui a fait traverser la mort pour atteindre l'autre rive, définitive celle-là, le ciel où se retrouveront tous les frères désormais réunis dans la Trinité.
"Pourquoi avoir peur ? Comment se fait-il que vous n'ayez pas la foi ?"
Atteindre l'autre rive, c'est, pour tous les hommes, atteindre le ciel en traversant l'épreuve de la mort. Pour atteindre cette rive, il faut rencontrer Jésus et sa croix : il est la porte des brebis, le passage et le passeur. Sa croix attire les frères séparés et les réunit dans l'unité de la Trinité.
"Personne ne va vers le Père sans passer par
moi." (Jean 14, 6)
"Je suis la porte des brebis." (Jean 10,
7)
"Qu'ils soient un en nous." (Jean 17, 21)
A la semaine prochaine.
Le laboureur te salue.
Derniers Commentaires