Partager l'article ! 10 - la tradition: La tradition est ce qui est transmis, le plus souvent par la parole. La tradition est vivante. Nous bénéficio ...
Je m'appelle René George, et je signe "le laboureur", à cause de l'origine grecque de mon nom. Ge, la terre et Ergon, le travail ont fait de moi le travailleur de la terre, le laboureur.
Retraité, j'ai été catéchiste, j'ai étudié le dogme catholique avant de l'enseigner, pendant huit ans, aux élèves de sixième de ma paroisse : Saint Epvre à Nancy. J'ai ensuite fait partie, pendant huit années, de l'équipe d'aumônerie de l'hôpital central de Nancy. Au chevet des souffrants et des mourants, j'ai vu l'Esprit Saint travailler en direct, et perçu le fossé séparant l'espérance des malades et l'enseignement de l'Eglise catholique.
Un jour, un malade m'a dit : " Ce que j'attends de vous, c'est l'Evangile."
Je me suis donc plongé dans l'Evangile et me suis arrêté un jour sur le passage de Matthieu : "Tout scribe, devenu disciple du Royaume est comme un maître de maison qui tire de son trésor de l'ancien et du neuf." (Mt 13, 52)
Le Seigneur m'a dit : " Ce n'est pas toi qui me choisis, c'est moi qui te choisis (Jean 15, 16 ) comme scribe ; tu vas chercher, en maître de maison, l'ancien qui est dépassé et le neuf qui n'est pas encore découvert, dans la bible où je me suis révélé. Je te dirai quoi lire et comment le comprendre, et toi, en bon scribe, tu écriras ce que tu as compris. Si tu comprends de travers, ce n'est pas grave ; tu es un homme ; tu te tromperas donc forcément un jour ou l'autre ; mais n'aie pas peur (Matth 17, 7), Je serai avec toi (Matth 28, 20), mon esprit te guidera (Jean 16, 13), Je t'envoie dans le monde parmi les hommes (Jean 17, 18)
Il m'a encore dit : "Je collerai ta langue à ton palais ; tu seras muet,… mais quand je parlerai, j'ouvrirai ta bouche et tu leur diras : Ainsi parle le Seigneur : qui veut écouter qu'il écoute ; qui ne veut pas écouter qu'il n'écoute pas. " (Ezéchiel 3, 25-27)
Que répondre ? Ce n'est pas moi qui ai choisi !
Alors je demande tous les jours à l'Esprit Saint de m'éclairer. Tous les jours, il m'inonde de sa lumière. Puis-je la mettre sous le boisseau (Matth. 5, 15) ?
Suis-je inondé de lumière ? Ou suis-je un illuminé ?
Libre à vous d'en décider, …mais après avoir demander l'aide de L'Esprit Saint.
Il a toujours le dernier mot : lui seul est Seigneur, lui seul est Vérité. (Jean 14, 6)
La tradition est vivante.
Nous bénéficions tous de la tradition puisque, dès notre naissance, nos parents nous font bénéficier de tout ce qu'ils ont eux-mêmes appris de leurs parents. Ils y ajoutent leur propre expérience, et nous bénéficions d'une tradition vivante que nous ferons vivre à notre tour, en la transmettant à nos enfants, augmentée de notre propre expérience.
L'écrit n'évolue pas ; il est définitif ; il fixe une image. Le scribe fixe sur son écritoire l'image qu'il a vue de la société, ou de sa compréhension du monde, au moment où il écrit. Un seul écrit fixe une seule image. La Bible est composée de nombreux livres qui sont autant d'images fixées du peuple juif et de sa compréhension du monde. Aucun livre biblique n'est la reproduction du précédent. Aucun livre ne fixe la tradition : la tradition vit grâce à la multiplicité des livres.
Jésus utilise la tradition et la fait évoluer.
Jésus connaît la loi et les prophètes ; il s'y réfère, souvent pour les compléter ou pour les dépasser.
"Ne pensez pas que je sois venu abolir la loi et les prophètes: Je ne suis pas venu abolir, mais accomplir" (Matth 5, 17)
La Cananéenne
"Jésus s'était retiré vers la région de Tyr et de Sidon. Voici qu'une Cananéenne, venue de ces territoires, criait : Aie-pitié de moi, Seigneur, Fils de David ! Ma fille est tourmentée par un démon. Mais il ne lui répondit rien. Les disciples s'approchèrent de lui pour lui demander : Donne-lui satisfaction, car elle nous poursuit de ses cris ! Jésus répondit : Je n'ai été envoyé que pour les brebis perdues d'Israël. Mais elle vint se prosterner devant lui : Seigneur, viens à mon secours ! Il répondit : Il n'est pas bien de prendre le pain des enfants pour le donner aux petits chiens. C'est vrai, Seigneur, reprit-elle ; mais justement les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. Jésus répondit : Femme, ta foi est grande, que tout se fasse pour toi comme tu le veux ! Et, à l'heure même, sa fille fut guérie." (Mt 15, 21-27)
Jésus ne choque personne, en répondant aux disciples importunés par les cris de l'étrangère :
"Je n'ai été envoyé que pour les brebis égarées d'Israël."
Au moment où il prononce ces paroles, Jésus évoque une vérité établie : Le Messie viendra sauver Israël et l’étrangère le sait aussi. Elle reçoit sans acrimonie d’être comparée à un chien :
"Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants pour le donner aux petits chiens."
Les enfants de Dieu ne sont que les juifs, les autres sont des chiens !
Inacceptable vérité pour celui qui lit aujourd’hui ce passage d’Evangile !
Vérité établie par tous les livres de l'Ancien Testament : Jésus ne ment pas.
Jésus s’appuie sur une vérité révélée, admise par tous, pour en établir une nouvelle qui dépasse la précédente et la rend caduque.
Quelle vérité nouvelle ? Celle qu’il établit en guérissant sur le champs la fille de l’étrangère : Dieu s'est fait homme pour tous les hommes : il n'y a pas les juifs et les autres : il n'y a que des hommes tous créés à l'image de Dieu. Jésus s'est fait homme pour l'humanité entière.
Ainsi Jésus qui est la Vérité ose énoncer une contrevérité dépassée pour faire évoluer la vérité.
Fixer la tradition, c'est la tuer.
A la semaine prochaine.
Le laboureur te salue.
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